En l’honneur de la mulâtresse Solitude

10 mai 2007. Statue en l’honneur de Solitude à Bagneux

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monument de Bagneux
monument de Bagneux

Jumelée depuis 1999 avec Grand-Bourg (île de Marie-Galante, Guadeloupe), Bagneux a célébré le 10 mai dès la première édition en 2006.

Le 10 mai 2007 fut inaugurée une statue en mémoire de Solitude, qui, conformément à la volonté de la ville, est "un hommage et reconnaissance aux victimes et aux résistants de la traite négrière et de l’esclavage".

Une statue fut également érigée en sa mémoire en 1999, au carrefour giratoire de la Croix, Abymes, Guadeloupe.

Née en Guadeloupe, cette mulâtresse, célébrée dans un roman éponyme d’André Schwarz-Bart en 1972, illustre le rôle, trop souvent oublié, joué par les femmes dans la lutte contre l’esclavage. Née d’un colon et d’une esclave, elle-même plongée dans la servitude, puis libérée par la première abolition en 1794, elle se joignit, en 1802, au commandant Delgrès et aux autres marrons, lorsque Napoléon rétablit l’esclavage. Contre les soldats du général Richepance chargé de mâter la résistance, elle combattit, les armes à la main. Retranchée avec les insurgés à Matouba, elle les vit mourir au combat les 26, 27 et 28 mai. Capturée, condamnée à mort, elle bénéficia du cruel privilège réservé à l’époque aux prisonnières enceintes : on attendit que le petit esclave naisse, pour la pendre au lendemain de son accouchement. En 1999, la commune des Abymes en Guadeloupe honora son nom en érigeant une statue à sa mémoire sur le boulevard des Héros.

Sa panthéonisation a fait l’objet, de même que celle d’Olympe de Gouges, d’une intense campagne dès le début de l’année 2007, avec des articles dans la presse et appels aux présidentiables. Aux côtés du 8 mars, journée des femmes, le 10 mai fut l’occasion, avec cette inauguration, de contribuer à la sensibilisation. A noter que le ministère de l’intérieur, en avril 2007, a donné son nom à une salle de l’Hôtel Beauveau, siège des services et du cabinet.

Invité par ses amis métropolitains pour cette occasion, Patrice Tirolien, maire de Grand-Bourg, a relaté, dans son discours, l’histoire émouvante de cette figure emblématique, et la force de l’acte choisi par la commune des Hauts-de-Seine. Il y a aussi mentionné le cas de l’esclave Gertrude à Petit-Bourg qui fut brûlée vive, de la Jamaïcaine Nanny, qui mena un combat opiniâtre à la tête des marrons et obtint la signature d’un Traité avec les Britanniques. Il a rappelé le caractère particulier de 2007, déclarée « Année de la commémoration de l’Abolition de la traite par l’Angleterre ». Saluant comme « une grande avancée la reconnaissance par la France de l’esclavage comme fait historique », et la décision de lui consacrer la journée du 10 mai, il a évoqué le travail, indispensable, des historiens, et les débats actuels autour de la colonisation.

De son côté, Marie-Hélène Amiable, maire de Bagneux, s’est félicitée que la municipalité, le conseil local de la jeunesse, la maison citoyenne, les centres sociaux et culturels se soient impliqués dans le 10 mai dès 2006, avec pour objectif de se tourner vers « ce passé que nous avons tous en commun », et d’adresser un hommage « aux victimes et aux résistants de ce cauchemar qui dura plus de quatre cent cinquante ans ». Elle a souligné la « persistance de l’esclavage dans nos sociétés contemporaines », dénonçant les discriminations qui font du nom ou de la couleur de la peau un obstacle à l’accès à un emploi ou à un logement.

L’artiste et la statue

La statue, composée de bois d’Afrique (Iroko) et de métal, est, selon son créateur, le sculpteur Nicolas Alquin, « le premier mémorial au monde dédié à tous les esclaves résistants ». L’œuvre rappelle le “Nègre de fer mis au fer dans sa propre peau“, selon les mots des artistes et de la compagnie SourouS qui ont fait revivre Solitude.

Nicolas Alquin est né en 1958 à Bruxelles, et vit à Bagneux. Sculpteur depuis 25 ans, il est célèbre pour ses oeuvres monumentales, parmi lesquelles Parole à la mémoire des victimes du terrorisme, visible aux Invalides.

Pour en savoir plus

Des livres
- Maryse Condé, La civilisation du bossale, L’Harmattan.
- Arlette Gautier, Les Sœurs de Solitude, la condition féminine dans l’esclavage aux Antilles du XVIIe au XIXe siècle, L’Harmattan "Mondes caraïbes".
- André Schwartz-Bart, La Mulâtresse Solitude, Seuil (roman), 1972.
- Sylvia Serbin, Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire, éditions Sépia, 2005.

Des films
- 1802 : l’épopée guadeloupéenne du réalisateur Christian LARA.

Une comédie musicale
- Paskal Vallot, Solitude

Sites internet
- Wikipédia
- www.karibbean-spirit.com/ spip.php ?article184
- Biographie par Sylvia Serbin www.grioo.com/ info6001.html

Photographie :
- © 2007 - Les Nouvelles de Bagneux http://nouvellesdebagneux.info/Inauguration-du-monument-en-l-honneur-de-la-mulatresse-Solitude,-10-mai-2007_a79.html
- plaque et statue des Abymes, Photo : Max Mongongnon / www.ouassous.com http://pagesperso-orange.fr/harry.mongongnon/mulatresse_solitude.html

Portfolio

Plaque en l'honneur de Solitude. Guadeloupe

 

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