Enseignement

Les propositions du comité pour la mémoire de l’esclavage

Le CNMHE est à l’initiative et soutient le prix pédagogique La Flamme de l’égalité.->http://www.laflammedelegalite.org/

Plutôt que d’aborder l’esclavage par des biais aléatoires, il convient donc de l’intégrer pleinement et systématiquement dans l’histoire de l’expansion européenne, de souligner, à travers le cas de la France, mais aussi par des comparaisons internationales, ses multiples facettes, et le lien qui existe entre l’histoire de la colonisation et celle du temps présent.

Il a suggéré une approche autour de trois axes :

- les réalités matérielles de la traite et de l’esclavage ;
- les violences engendrées par la traite, l’esclavage, les révoltes, les répressions ;
- les mouvements abolitionnistes.

Ces axes devant à leur tour être déclinés selon des thèmes :

- les grandes figures (banquiers, grands planteurs et armateurs, instigateurs des révoltes, figures de la résistance...) ;
- les thèmes littéraires (Diderot, Raynal, Voltaire, Hugo, Dumas...) ;
- les représentations par l’image et leur critique (tableau de Verdier, l’esclave de Renard, Stedman, Biard...). Il a enfin émis une série de propositions concrètes.

Enseignement :

- Insertion à une place significative dans les manuels scolaires à destination de la métropole de tous les aspects de l’esclavage et de la traite négrière ;
- Intégration des sujets liés à la traite négrière, à l’esclavage et à ses processus d’abolition dans les programmes de recrutement (CAPES et agrégation d’Histoire-Géographie, de Lettres modernes ou de Philosophie) ;
- Création d’un événement culturel au sein des établissements scolaires, suscitant des productions écrites ou orales, sur toutes formes de supports ;
- Création de documents d’accompagnement (recensement des sources et propositions de séquences pédagogiques) à l’usage des professeurs des écoles et des professeurs du secondaire ;
- Création d’une semaine d’actions de sensibilisation dans les établissements scolaires autour de la date de commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage.

Les rapports publiés pour les années 2006 et 2007 ont constaté des avancées et en ont donné des exemples : meilleure prise en compte de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions dans plusieurs manuels scolaires à l’occasion de leur réédition, instructions aux académies, chefs d’établissement et enseignants par circulaire, séminaires et colloques sur le thème de l’enseignement de l’esclavage et journées de formation et information des professeurs, élaboration et mise à disposition, notamment en ligne, de ressources pédagogiques, nombreuses manifestations le 10 mai ou autour du 10 mai dans les établissements, échanges scolaires... (voir rubrique sur les commémorations du 10 mai).

Dans le cadre de la révision des programmes :

Outre la prise en compte des propositions précédentes :
- que l’étude ne se limite pas à l’évocation du commerce dit "triangulaire" ;
- que les élèves abordent la question de la vie quotidienne des esclaves des plantations ;
- que les résistances à l’esclavage soient davantage mises en évidence, autour de la question de la révolte de Saint-Domingue et de bien d’autres phénomènes de résistance qui se produisirent dès les débuts de la colonisation et de la mise en place du système esclavagiste dans toutes les colonies concernées ;
- que la première abolition de l’esclavage de 1794, sa place dans la Révolution française et le rétablissement de l’esclavage par Bonaparte en 1802 fassent partie des repères fondamentaux proposés aux élèves ;
- que le Code Noir soit évoqué lors de l’étude de la monarchie absolue de Louis XIV ;
- que les élèves de 4e réfléchissent à la notion de crime contre l’humanité à partir de la question de l’esclavage et de la traite négrière ;
- que l’étude de ces thèmes soit conduite à travers une approche pluridisciplinaire.

Dans le cadre des autres actions :

- une meilleure visibilité des productions pédagogiques faites sur le sujet dans le cadre plus général du prix de la flamme de l’égalité ;
- la production et l’édition d’outils pédagogiques de référence en rassemblant ceux de grande qualité déjà constitués pour en faire une synthèse utilisable dans les établissements scolaires ;
- l’intégration dans les Plans Académiques de Formation des journées sur l’enseignement de l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.

L’enseignement de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions doivent avoir une place conséquente.
- dans les temps forts du socle commun doit donc être intégrée une formulation explicite de l’importance de ces sujets, en concordance avec les documents d’accompagnement ;
- ces sujets doivent être pris en compte dans les plans académiques de formation ;
- la mise en réseau des actions pédagogiques innovantes doit être effectuée au sein de chaque académie ;
- les nouveaux programmes doivent formaliser ces premières étapes vers une approche renouvelée de notre histoire nationale intégrant les problématiques les plus récentes de la recherche contemporaine ;
- il est impératif, enfin, de lier ces actions à la création un centre national de mémoire et d’histoire (ressources, documentation et recherches), où le visiteur, et notamment les élèves, les professeurs, les familles, trouveraient des informations fiables et accessibles : cartes, chiffres, films, ouvrages éducatifs et de recherche.

Illustrations :
- le code noir
- vue de l’incendie du cap Français, 21 juin 1793, révolte d’esclaves, Archives départementales de la Martinique. Image tirée de l’Inventaire muséographique (site du CNMHE).
- François-Auguste Biard, révolte d’un esclave sur un navire négrier, musée du Nouveau Monde de La Rochelle. Image tirée de l’Inventaire muséographique (site du CNMHE).


 

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